Les Abbans

Deux villages distants de Besançon d'une vingtaine de kilomètres, ont donné leur nom à l'inventeur de la navigation à vapeur : ABBANS-DESSOUS, autrefois Abbans-la-Ville, dans la vallée du Doubs, et dominant celle-ci, ABBANS-DESSUS ou Abbans le Château dont on aperçoit de loin l'énorme tour carrée émergeant d'un quadrilatère de hautes murailles. Cette position forte à un endroit où la Loue et le Doubs coulent parallèlement à très petite distance, fut reconnue dès la période gallo-romaine et était encore appelée castrum dans une charte de 1091. Ensuite, coexistèrent dans cette place deux châteaux forts dont l'un appartenait à la maison de Châlon Arlay. La forteresse occupe le sommet d'une échine rocheuse aux flancs abrupts, dirigée du nord au sud entre deux vallées, un de ces plis caractéristiques des monts du Jura. Deux fossés occupaient transversalement cette arête pour mieux isoler le château : l'un au midi, l'autre au nord taillé profondément dans le roc avec pont-levis remplacé plus tard par un pont de pierre à une arche qui donne accès au porche du château actuel.

Le Château Derrière ce porche, au-delà de l'épaisse muraille, une grande cour carrée précède la façade d'un corps de logis dans le style du XIV à XVI siècles ; une tour ronde est encastrée dans cette façade ; la façade sud est beaucoup plus riante avec ses élégantes lucarnes néogothiques : c'est l'habitation des châtelains qui constituent la lignée des Jouffroy d'Abbans, Monsieur et Madame de Broë. La cour, largement ouverte sur la campagne par une échancrure dans les remparts de l'Ouest, offre un magnifique panorama sur les plaines du Doubs et de l'Ognon ; par delà l'immense forêt de Chaux, on peut apercevoir le clocher de la collégiale de Dole, le Mont Roland. Du haut de la tour carrée, la vue s'étend aux quatre coins de l'horizon et par temps clair, au-delà de la Saône jusqu'aux côtes de Bourgogne. On devine l'importance d'une telle position, à la fois vigie et garde-chemin qui commandait les routes du Jura vers le Suisse et l'Italie.

A l'est, au pied des longues et hautes murailles scellées à même le roc, parées au printemps d'une magnifique floraison de pariétaires, un chemin étroit mène au village dont les maisons se serrent au pied du rempart sud. Dans ses ruelles, circulèrent longtemps des histoires de revenants : le fantôme d'un sire d'Abbans prisonnier des infidèles et rentrant des croisades hantait certaines nuits le château.